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Voix Africaine

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Le Griot des Etats Unis d'Afrique

Comment sauver une oasis menacée par la pollution...

Comment sauver une oasis menacée par la pollution...

Elle est surnommée « le paradis du monde ». Et est même inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco [1]. L’oasis de Gabès, à 400 kilomètres au Sud de Tunis, demeure la seule oasis littorale au bord de la Méditerranée. « Ici, le palmier embrasse la mer », indique Mabrouk Jabri, instituteur à la retraite qui a grandi à Chenini, une ville au cœur de l’oasis. Son écosystème est fondé sur la « culture en étages ». « Les cultures maraichères sont au sol, les arbres fruitiers au dessus, et les palmiers dattiers qui les entourent constituent un feuillage en forme de parasol », explique Mabrouk.

Cet îlot vert crée un véritable micro-climat en pleine zone désertique. « Quand j’étais plus jeune, il y avait de la verdure, de l’eau, des fruits, une faune et une flore riches, se souvient l’ancien instituteur. L’oasis était un lieu de vie où les habitants cultivaient leur lopin de terre. » Non seulement ces cultures alimentaient en fruits la région de Gabès. Mais l’oasis exportait sa production vers les villes de Djerba et de Medénine, plus au sud, et Sfax, au nord.


Cette oasis est aujourd’hui menacée. « Les sources naturelles d’eau ont tari ces dernières années, déplore Mabrouk. Or, sans eau on ne peut rien faire. » Il pointe du doigt plusieurs phénomènes : la présence d’une usine de transformation de phosphates fortement consommatrice d’eau, mais aussi l’urbanisation accélérée, l’augmentation de la population et les dérèglements climatiques. « On bénéficiait autrefois de 750 litres d’eau seconde qui sortaient du sous-sol de l’oasis pour irriguer les plantations. Nous ne sommes plus maintenant qu’à 150 litres seconde par pompage. »

Des « tours d’eau » contre la pénurie

Le « tour d’eau », un système d’irrigation par inondation, est l’une des spécificités de l’oasis. Des canaux creusés dans la terre ou cimentés alimentent en eau, tour à tour, les parcelles qui se retrouvent totalement submergées pendant plusieurs heures. Ce matin-là, c’est M.Bouaziz, un ouvrier agricole travaillant dans l’oasis de Chenini, qui bénéficie de l’irrigation. Les parcelles, de quelques mètres carrés, sont séparées par des buttes en terre et irriguées par inondation successive. La pénurie d’eau a conduit à ce qu’un groupement de développement agricole, le GDA, gère le partage de cette ressource rare entre les agriculteurs, prélevant au passage 3,5 dinars de l’heure (1,7 euro) [2].

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