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Voix Africaine

Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

À l’époque des zoos humains : des spectacles de masse de la fin du XIXème siècle.

Hambourg, Londres, Bruxelles, Chicago, Genève, Barcelone, Osaka… Toutes les grandes villes qui accèdent à la modernité exposent dans des zoos ­humains ceux qu’ils considèrent comme des sauvages. Sénégalais, Nubiens, Daho­méens, Égyptiens, Lapons, Amérin­diens, Coréens et autres peuples dits exotiques sont ainsi présentés dans un environ­nement évoquant leurs contrées, souvent dans des costumes de pacotille et aux côtés de bêtes sauvages.

À Bruxelles, en 1897, on peut lire sur un panneau : « Ne pas donner à manger aux Congolais, ils sont nourris. »

Plus d’un milliard de visiteurs se seraient pressés pour voir ce type d’exhibitions entre 1870 et 1940.

Comment cela a-t-il pu avoir lieu ? « Ces exhi­bitions n’apparaissent pas brutalement à la fin du XIXe siècle ; elles arrivent à la suite d’une longue tradition (NDLR : lire la chronologie plus bas) », expli­que Gilles Boëtsch, directeur du labo­ratoire Envi­ronnement, santé, sociétés1 et coordinateur scientifique du catalogue de l’exposition « Exhibitions. L’invention du sauvage », présentée au musée du quai Branly fin 20112.

Des spectacles de masse

En témoigne la tristement célèbre « Vénus Hottentote », une femme originaire du sud de l’Afrique, exposée comme un phénomène de foire en Angleterre, puis en France, dans les années 1810. « Ce qui est marquant, en revanche, c’est l’ampleur prise par le phénomène à la fin du siècle : cela devient des spectacles de masse », ­insiste l’anthropologue. Il est aussi à noter que, pour leur grande majorité, les personnes exhibées sont des figurants payés et qui ont des contrats.

Pourquoi un tel succès ? « D’abord, les populations rurales, qui ont massivement quitté les campagnes pour la ville, ont ­besoin de distractions et d’éducation. Elles seront ­fascinées par cet exotisme jusqu’alors ­inconnu », analyse Gilles Boëtsch. En cette époque de transition, ces mises en scène surfent aussi sur le mythe du paradis perdu où l’homme ­vivait en ­harmonie avec les animaux. Les spectacles sont vendus comme les vestiges d’un monde qu’on ne reverra plus jamais. Voir des indigènes aux seins nus, c’est aussi l’occasion de se rincer l’œil à moindre frais dans une ­société très prude qui tolère peu la nudité.

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