Le Griot des Etats Unis d'Afrique
24 Février 2015
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Boko Haram : la sale guerre a commencé
Composée des troupes du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad, la force régionale s'est lancée dans la bataille pour enrayer l'avancée de la secte jihadiste Boko Haram. Une course contre l...
Lorsqu'il a fait ouvrir le feu sur les hordes de combattants qui se ruaient vers la prison de Diffa, le 9 février à l'aube, le commandant nigérien de la garnison a d'abord cru qu'il s'agissait de diables : "Ils paraissaient ne jamais mourir et mes hommes m'ont dit que leurs grigris étaient très puissants." Avant de s'apercevoir que ceux que lui-même et ses collègues tchadiens et camerounais appellent les "BH" (Boko Haram) avançaient par vagues suicides identiques, sans jamais chercher à se protéger. L'assaut a été facilement repoussé ce matin-là, mais le Niger était, pour de bon, entré en guerre.
La décision de mettre sur pied une force régionale de 8 700 hommes issus de quatre pays frontaliers du Nigeria plus ce dernier, avec état-major opérationnel à N'Djamena, et destinée à traquer ce qui est sans doute le groupe armé le plus violent au monde, a été scellée en marge du dernier sommet de l'Union africaine, fin janvier à Addis-Abeba. Il a fallu pour cela tordre le bras au Nigeria, où la secte d'Abubakar Shekau contrôle un territoire de 20 000 km² qui s'étend entre les États de Borno et de Bauchi, et le menacer de déclencher des droits de poursuite sans son autorisation, pour que cette plateforme mutualisée puisse voir le jour.
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