Le Griot des Etats Unis d'Afrique
22 Février 2015
Christian Allié's insight:
« Le Kenya a commencé à exporter des haricots verts dans les années 1970. Vingt ans plus tard, c’était l’explosion des ventes, raconte Bernard Tinega, le directeur commercial d’AAA Growers, qui a lancé sa première ferme en 2000. Ici, le climat chaud mais sans canicule est propice aux cultures. Et la main-d’œuvre est très qualifiée. C’est le seul secteur où l’on est vraiment compétitifs. » Au total, les 150 000 fermes kényanes ont exporté en 2014 pas moins de 200 000 tonnes de légumes frais et transformés, dont 32 000 tonnes de haricots verts en vrac, mais aussi en barquettes et sachets, à destination de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de la France et de l’Espagne. Un marché évalué à 300 millions d’euros par an, dont 20 millions pour les haricots.[ ... ].....Gaspillage alimentaireCes dernières années, quelques grains de sable se sont toutefois glissés dans ces rouages bien huilés. Sur le pan social et éthique, tout d’abord. Comment ne pas ressentir de malaise face à des Kényans mal nourris – la moitié de la population est en situation de pauvreté – en train de préparer à la chaîne des repas destinés à des Européens pressés ? D’autant qu’avec 250 shillings kényans (2,4 euros) par jour, les 700 ouvriers de la ferme Hippo sont très peu payés, à peine plus que le salaire minimal en vigueur dans le comté (2,1 euros).[ ... ]Utilisation de pesticidesMais ce qui a surtout jeté l’opprobre sur les haricots kényans, c’est qu’ils ne sont pas si verts : nombre de producteurs, en particulier les plus petits, ont pendant des années usé et abusé des pesticides. En 2012, la filière kényane a été profondément ébranlée après la mise en évidence de teneurs résiduelles de produits chimiques, supérieures aux limites autorisées par la réglementation communautaire. Particulièrement visé : le diméthoate, une molécule utilisée dans une vingtaine d’insecticides au Kenya et classée cancérogène possible chez l’humain.[ ... ]........... En parallèle, le scientifique cherche à appliquer les principes d’agroécologie aux hauts plateaux kényans : associations de cultures pour repousser les ravageurs ou héberger des insectes entomophages, utilisation d’huiles essentielles pour émettre des odeurs répulsives, pièges à insectes, etc. « La lutte biologique est plus difficile et longue à mettre en place, davantage basée sur la prévention, reconnaît Thibaud Martin. On veut profiter de la filière d’exportation de haricots verts, qui a un objectif de qualité, pour développer des techniques qui serviront aussi à d’autres cultures. »Via @audreygarric
Du Kenya à l’assiette, le parcours pas si vert ...
scoop.it
Nairobi est le deuxième exportateur de « French beans » à destination de l’Europe, surtout à contre-saison. Un secteur critiqué pour la faiblesse des salaires versés aux ouvriers et pour l’usage de pesticides.