Le Griot des Etats Unis d'Afrique
2 Mars 2015
Ouagadougou. Les fanions aux couleurs burkinabées flottent sur les rues principales de la ville. À la hâte, on rebouche les chaussées, les contrôles de police sont accentués à chaque carrefour. La ville s’est parée comme elle le pouvait pour accueillir les cinéphiles du continent africain. C'est qu'elle a eu chaud, cette année. Tout se prêtait à ce que le Fespaco n'ait pas lieu.
D’abord la menace du virus Ebola toujours présente en Afrique de l’Ouest. Elle avait conduit les autorités burkinabées à annuler le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, le SIAO, prévu en novembre dernier. Annuler aussi le célèbre Tour cycliste du Faso. Et puis il y a eu la révolte populaire des 30 et 31 octobre.
"Forcément un Fespaco différent"
"Ce sera forcément un Fespaca différent, vu les événements qui se sont passés", explique, béret révolutionnaire vissé sur la tête, Georges Kaboré, directeur de l’Institut burkinabé de Ouagadougou, le pendant local de l’Institut français. "Pour moi, il devient enfin indépendant. C’est la première édition post-révolution. La corruption avait gangréné tout ce système. Le festival était devenu un outil du parti au pouvoir", dit-il. C'est vrai que depuis plusieurs années, de nombreuses voix s’étaient levées pour critiquer le choix des films en compétition officielle et la mainmise du pouvoir.
Le directeur du Fespaco était montré du doigt. En poste depuis 2009, Michel Ouédraogo a été remercié en décembre dernier et remplacé par le directeur de la Cinémathèque africaine, Ardiouma Soma.
Burkina. Cinéma - Fespaco 2015 : une édition pa...
scoop.it
VIDÉO. Transition est le mot qui sied le mieux à ce 24e Fespaco. Sans Blaise Compaoré, aujourd'hui déchu, il a commencé dans une belle tempête autour de "Timbuktu".