Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

Publicité

SENEGAL - Au fil de la Langue de Barbarie , Saint Louis menacée!

En octobre 2003, afin de protéger l’île des inondations à la suite de très fortes pluies, une brèche artificielle a été ouverte sur la Langue de Barbarie, mince bande de terre qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan Atlantique, à quelques kilomètres de la ville de Saint-Louis. D’une largeur d’à peine 4 mètres au départ, cette ouverture n’a cessé de s’agrandir depuis, prenant des proportions inattendues et entrainant une multitude de conséquences sur l’environnement. Ainsi, en 2012, l’érosion et la force des courants ont entrainé l’ouverture naturelle d’une seconde brèche, 800 mètres au sud de la première.

Les deux brèches se sont finalement rejointes en 2013. En seulement 10 ans, ce qui n’était qu’un coup de pelleteuse a atteint une dimension de 5 km, et continue toujours de gagner du terrain. Une situation de plus en plus inquiétante pour la région, qui craint de voir disparaître entièrement la Langue de Barbarie, ce qui exposerait directement Saint-Louis aux intempéries venues de l’océan Atlantique.Outre l’érosion, les conséquences environnementales de l’élargissement de la brèche sont nombreuses et préoccupantes. La salinisation du fleuve, notamment, menace l’écosystème marin et met en péril certaines espèces de poissons, ce qui à terme pourrait avoir un impact sur la pêche.

L’océan a également englouti nombre de terres cultivables et plusieurs communautés ont dû abandonner leur village, gagné par les eaux, pour trouver refuge ailleurs. C’est aussi le cas de deux campements touristiques, qui ont été emportés par l’océan. Sans compter les effets pervers sur l’industrie du tourisme, particulièrement touchée par la disparition de la Langue de Barbarie. Par ailleurs, la brèche n’est pas stable et se déplace lentement vers le sud. Ainsi, une mince bande de terre vient tranquillement s’installer là où la première brèche s’est ouverte en 2003. C’est maintenant le Parc national situé tout au sud de la zone qui se trouve menacé par le déplacement de la brèche. Si les oiseaux et les tortues qu’on y retrouve n’ont plus d’endroit pour se poser et pondre leurs œufs, ce sont plusieurs espèces qui risquent de disparaître de la région et qui devront trouver un autre lieu pour effectuer leur migration.Un temps l’ouverture de la brèche a pourtant fait bien le bonheur des pêcheurs, leur permettant d’atteindre l’océan sans avoir à se rendre jusqu’à l’embouchure du fleuve, 30 kilomètres plus loin. Son passage dangereux a cependant entrainé le naufrage de plusieurs pirogues et fait de nombreux morts.

On estime à environ 300 le nombre de victimes de la brèche depuis sa création, un insupportable coût à payer en terme de vies humaines. Les autorités affirment que la brèche est problématique depuis 2008, alors qu’elle avait déjà atteint en seulement cinq ans une largeur de 2,5 kilomètres. Le temps de réaction de l’État sénégalais a été long avant que le signal d’alarme ne soit réellement déclenché et que des mesures soient mises en place pour éviter le pire.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article