Le Griot des Etats Unis d'Afrique
16 Mars 2015
Sa voix ressemble à celle d'un aristocrate anglais. Douce et posée, avec un accent qui évoque Oxford ou Cambridge. C'est pourtant cette voix qui irrite, depuis deux décennies, tout ce que Londres compte d'hommes bien nés. Si doctement prononcés soient-ils, les discours de Robert Mugabe ne cessent d'invectiver la même cible : "the whites". Ces "Blancs" qui, dans sa bouche, sont devenus presque synonymes d'"impérialistes" et de "colonialistes", deux autres de ses adjectifs favoris.Pour célébrer son 91e anniversaire, cet homme récemment renforcé par son élection à la présidence de l'Union africaine est allé encore plus loin. À quelques centaines de mètres des chutes Victoria, haut lieu du tourisme où la famille royale britannique séjourna jadis, le président zimbabwéen s'est attaqué à un symbole auquel il sait l'Occident particulièrement attaché : la grande faune africaine. De l'éléphanteau a ainsi été servi au déjeuner, tandis que des cadavres de crocodile et de lion, fraîchement tués, étaient exposés.Devant les quelque 20 000 participants d'une fête à 1 million de dollars (905 000 euros), Mugabe s'en est pris avec malice aux propriétaires de réserves animalières. "Le Zimbabwe a beaucoup de safaris, mais la plupart sont détenus par des Blancs, a-t-il affirmé. Nous allons maintenant envahir ces forêts." Quelques mois plus tôt, il avait déjà averti : "Nous disons non aux Blancs qui possèdent nos terres. Ils doivent partir. Il n'y a pas de place pour eux ici."
Zimbabwe : Robert Mugabe, l'homme qui n'aimait ...
scoop.it
Diabolisé par les Européens, le président du Zimbabwe et de l'Union africaine, Robert Mugabe, incarne jusqu'à l'obsession le rejet des anciens colons, de l'Occident et de ses diktats. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?