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Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

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La société civile africaine se mobilise contre les accaparements des terres.

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Dans le cas particulier de l’Afrique, récemment, les accaparements de terres ont malheureusement très souvent fait l’actualité. Un cas a beaucoup fait parler de lui, celui de la société Socfin, évoqué notamment dans Et Maintenant nos Terres. Les plantations de la holding luxembourgeoise dont Bolloré est actionnaire ont fait l’objet d’une série d’occupations par des paysans du Cameroun, du Liberia, de la Côte d’Ivoire et du Cambodge, regroupés au sein de l’Alliance Internationale des Riverains de Plantations Socfin Bolloré. Leur objectif : protester contre une expansion continue des plantations de la Socfin, dont la superficie a augmenté de près de 25% entre 2011 et 2014, chiffres qui révèlent en filigrane l’expropriation systématique de paysans, contre peu voire pas de compensations.

Des gouvernements inertes voire complices…

Face à ces oppositions, les gouvernements ont tendance à minimiser voire à nier la réalité du problème, et à accorder une priorité à l’agriculture « moderne », c’est-à-dire associée, selon les croyances très répandues dans le système actuel, aux valeurs « productivité », « compétitivité », « intensification », « croissance ». L’agriculture familiale et paysanne est considérée dans ce contexte comme insuffisante et arriérée et ses travailleurs ne sont pas ciblés dans les politiques publiques agricoles mises en œuvre. Les politiques de développement agricole anéantissent ainsi un savoir paysan traditionnel pourtant salvateur, et persistent à conforter la situation absurde qui veut qu’aujourd’hui, une grande majorité de paysans dans le monde sont sous-alimentés.

La problématique des semences, très liée à celle de la terre, impose le même constat : le 12 juillet dernier, rassemblés par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), les délégations politiques présentes ont voté un protocole sur la protection de la variété des semences qui met encore davantage en péril les droits des paysans, leur sécurité alimentaire et leurs savoirs traditionnels, aux profits du monopole industriel sur les semences. Un exemple de plus qui prouve l’appui politique au dépouillement de la paysannerie traditionnelle.

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