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Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

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Est-ce la fin de la FrançAfrique?

 

 

BULLETIN D’HUMEUR N° 7

 

« Sans la liberté de blâmer il n’y a pas d’éloge flatteur » 

 

 

Est-ce la fin de la Françafrique ?

 

 

Nous savons que quelques mois après le référendum du 28 Septembre 1958, une Conférence des Fédéralistes s’était tenue à Dakar, le 24 Mars 1959, comme pour contrecarrer le projet Houphouët BOIGNY de communauté Franco Africaine, sans grand succès d’ailleurs. De l’esprit des Fédéralistes, il s’agissait d’apporter à la France une vision de compréhension des (franco-africaine), «Négro-africains, mais aussi les Arabo-berbères du Maghreb» pour transformer cette Communauté en Commonwealth à la Française (dixit L.S.Senghor. Ce qui donnerait aux anciennes colonies peut-être d’entrer dans cette nouvelle Confédération ajoutait-il.». (cf.).

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C’était, en quelque sorte, les leviers du Panafricanisme qui préconise le fédéralisme et l’unité internationale des peuples africains. Tandis que la Communauté Franco Africaine, quant à elle, était le levier de division des peuples africains, qui privilégie les intérêts particuliers à l’intérêt général des peuples. Ainsi, le colonialiste se devait de mettre en place un autre système, pour neutraliser toute velléité et toute idée de construire l’Etat nation incarnant le bien commun et la souveraineté des peuples africains.

 

Cette Communauté Franco Africaine était l’intrant de la germination de ce qui devînt, au fil des indépendances des anciennes colonies, la Françafrique dont Houphouët BOIGNY fut l’artisan.

 

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L’omnipotence de la Françafrique démasque la faillite des Etats postcoloniaux dans leur devoir de promouvoir des opérateurs économiques nationaux, puissants et organisés, dans une société civile structurée et autonome. Nous connaissons la genèse du tournis politico idéologique dans lequel l’Afrique se « débat » dans le présent du 21ème siècle. A la fin de la deuxième guerre mondiale, les alliées vainqueur se partagèrent le monde à la Conférence de Yalta ; instaurant de facto, le partage du monde en deux systèmes de gouvernance idéologique et de développement socio-économique » : le capitalisme et le communisme. Nous n’allons pas nous égarer sur les conséquences de la « Main mise sur l’Afrique » (Titre d’un ouvrage de Jean ZIEGLER – Economiste et Chercheur en Economie Mondiale, dans son ensemble, par son manque de maturité politique à résister à ce qu’on appelait à l’époque «Les Deux Grands » : le Capitalisme et le Communisme.

 

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Les conséquences de la fin de la guerre froide eurent pour effet d’annihiler, considérablement, les bases idéologiques du communisme à travers le monde. Ainsi, en Afrique, nous assistâmes à l’éveil patriotique de la conscience, si ce n’est son renforcement, à la recherche d’une troisième voie, pour un développement intégré, adapté aux réels besoins des populations africaines. Ainsi, aussi, la rupture totale avec la Françafrique devenait un impératif politique incontournable, pour éviter de singer certains modèles inadaptés aux logiques des mentalités africaines, tant culturelles que politiques. Il faut, ici, souligner «l’incongruité», voir l’incapacité, flanquée d’immaturité, des réponses face aux nouveaux défis qui se présentèrent aux africains une fois leurs souverainetés recouvrées aux lendemains des indépendances octroyées par l’ancienne puissance coloniale.

Pourquoi l’Afrique peine-telle à se développer, alors qu’elle renferme des ressources naturelles très prisées dans le monde ?

C’est qu’elle s’appauvrie, paradoxalement, par les conflits permanents qui ralentissent le développement économique. Nous avons l’exemple de la Côte d’Ivoire, qui pendant sa crise post électorale de 2011 a connu une croissance négative de – 5% ; tandis que, en 2013, elle atteindra au moins 8% de croissance.

 

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Après plus de soixante ans de ces indépendances, les experts, en matière d’analyse politico-économique, viennent de reconnaître que l’avenir du monde se trouve en Afrique, berceau de l’humanité. Il est temps que l’Afrique se départît des dénonciations émotionnelles et moralisantes de l’influence des groupes d’intérêts occidentaux, singulièrement hexagonaux ; et surtout cesse de diaboliser la Françafrique. Elle est une réalité dans le monde planétaire d’aujourd’hui de ce XXI ème siècle, où le développement séparé ne peut plus exister. Bien sûr, il est une autre réalité : tant que l’Occident sera le banquier de l’Afrique elle devra lui rendre compte. D’où l’impératif, hautement politique, d’imagination, d’invention, pour l’Afrique Subsaharienne et la France, de refonte en profondeur, des liens politico économiques dans la Françafrique, qui n’est et ne sera plus celle des années d’il y a plus de cinquante ans. Car, au moment même où je vous propose ce 7ème Bulletin d’Humeur l’Afrique Subsaharienne est entrain de faire face à des conflits qui impliquent tout le monde occident, mettant en péril tous nos fondements de démocratie.

 

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Enfin, ne faisons pas de l’Afrique un musée vivant des maux de la honte. Construisons des Etats-nations démocratiques et représentatifs voués au service de l’intérêt général et du bien commun. Ainsi, nous pourrons, dans le cadre de nos relations avec l’ancienne puissance coloniale lui dire, en relevant la tête : Nous grandirons ensemble (*)

 

 

Mamadou Jean-Michel KOUROUMA

Dakar

( Correspondant à Dakar, pour VOIX AFRICAINE)

 

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(*) Titre de l’ouvrage de Kofi YAMGNANE - Ancien Ministre à L’Intégration en France

En couverture une photographie représentant deux enfants : l’un Noir et l’autre Blanc : tout un symbole.

 

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