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Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

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Où va le SENEGAL?

 

Analyse de MJM Kourouma, Journaliste et Correspondant pour Voix Africaine à Dakar

 

 

Dans mes précédents bulletins d’humeur, j’égrainais, déjà, les raisons d’un mécontentement généralisé du peuple sénégalais, que sous-tend une faillite du pouvoir libéral en place à tous les niveaux. Et qui en 2000, brandissait alors son fameux slogan de SOPI (ce qui en langue Wolof signifie changement) comme un leitmotiv «magique», dont les sénégalais se sont enivrés, tant la soif de se débarrasser du régime socialiste de l’époque était grande. N’a-t-on pas accrédité l’idée que les sénégalais, dans leur majorité, attendaient l’arrivée d’un «Messie», en l’occurrence l’initiateur et inventeur de ce mot «magique», qui après 40 ans de sa traversée du désert dans l’opposition fusse cet homme «providentiel» : je veux parler de Maître Abdoulaye WADE !

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Nous savons que lorsqu’un homme a faim il ne fait pas la fine bouche sur le premier aliment qui s’offre à lui, peu importe le contenu du menu. Tel était l’état du peuple sénégalais, surtout sa population de jeunes composée de 75% de celui-ci. Et qui en l’absence des perspectives d’avenir se résigna inéluctablement à fixer l’horizon horriblement sobre, en attendant l’hypothétique «sauveur» qui devait «sortir» le Sénégal de ce que l’on lui affublait de «peuple léthargique», qui avalait toutes les couleuvres du pessimisme, pourvu que le lendemain soit assuré. Ce sont ces mêmes jeunes qui se saisirent courageusement de ce «SOPI» pour éconduire le pouvoir socialiste, qu’incarnèrent le poète président Léopold Sédar SENGHOR, puis son dauphin qui prit la relève : Abdou DIOUF.

 

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L.S. Senghor

 

Il y a 12 années de ce pan de l’Histoire du Sénégal. Tout cela sous l’étendard de cette fourre-tout : la démocratie, la boîte de Pandore, la coupe dont se gargarisent tous les pouvoirs et tous Partis Politiques en Afrique ; bernant et trompant les peuples africains : élections truquées, falsifiées si ce n’est purement et simplement volées ; et ce qui relève de la plus grande trahison et une insulte à ces mêmes peuples les tripatouillages des Constitutions : épine dorsale de toutes les lois et juridictions et de la bonne gouvernance d’une nation, d’un Etat.

 

Depuis les Indépendances, d’il y a plus de 50 ans, l’Histoire des peuples d’Afrique s’écrit avec des armes de toute sorte en guise de plume ou de stylo, du sang de ses hommes, de ses femmes, de ses enfants victimes de la barbarie, conséquence à la fois de la boulimie de pouvoirs et de l’immaturité politique, ou pathologique à certains degrés, en guise d’encre.

 

Prenons le cas du Sénégal et posons-nous la question : où va le Sénégal d’aujourd’hui ?

 

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Après avoir été un exemple de stabilité politique et de démocratie, quand bien-même celle-ci, nonobstant ses quelques fêlures, convînt à l’intelligentsia politique dans son ensemble. Puisque son terreau fertile fut la corruption à grande échelle de la masse populaire à tous les niveaux, de la base au plus haut sommet de l’Etat. Il n’est de secret pour personne, aujourd’hui à travers le monde, que la validation anticonstitutionnelle de la candidature de Abdoulaye WADE, aux élections présidentielles du Sénégal, prévues le 26 Février 2012, fut obtenue et validée, dit-on, par l’octroi de prébendes gracieuses aux membres du Conseil Constitutionnel installés par lui-même.

 

La posture funambulesque d’un Chef de l’Etat, garant de la CONSTITUTION d’un pays, quel qu’il fut, qui consiste à vouloir transformer l’espace sociopolitique d’une Nation, d’un peuple, en un Pré carré pour assouvir son ludisme, en faisant fi de la sacralité hautement symbolique de ses paroles qui engagent Sa Fonction et l’honneur de celles-ci, à travers le monde, conduit fatalement et inexorablement son pays au chaos en l’exposant à toutes sortes d’aventures, d’instabilités propices à toutes sortes de drames humains. C’est ce que vit actuellement le Sénégal. Le peuple sénégalais doit-il se résigner à emprunter cette dangereuse voie dans son Histoire ? Voilà le jeu de la roulette RUSSE, auquel se livre le locataire du Palais de la Présidence de l’Avenue L.S Senghor de la capitale du Sénégal.

 

Les Africains, que nous sommes, donnons l’impression, aujourd’hui, dans ce monde que nous vivons, d’avoir perdu tous nos repères de nos cultures et traditions ancestrales ; desquelles la Sagesse, dans son sens noble du terme. Que nous considérons expression du guide qui indique la direction de la lumière, (ce mot qui n’a pas forcément toujours de connotation religieuse) et non celle des ténèbres incertaines. Sagesse qui est le sceaux de référence d’un peuple, vers lequel se tourne ce peuple ; sagesse qui trouve sa pertinence et son sens de grandeur quand l’âge indique le crépuscule de la vie. N’est-ce pas Maître WADE ?

 

Voilà que la politique politicienne, la boulimie du pouvoir personnel, la corruption par l’argent, la course effrénée à l’apparence extérieure de luxure, viennent phagocyter tous les acquis de l’équilibre de nos sociétés humaines africaines. C’est cela que refuse, aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise dans son ensemble à travers toutes les régions du Sénégal. La déterminante combativité affichée par le M23 (Mouvement né de la Résistance Civile du 23 juin 2011), à la suite de la première tentative de coup d’Etat Constitutionnel de Abdoulaye WADE, décrétant l’élection du Président de la République à un tour avec 25% (seulement) des suffrages exprimés, Mouvement dont la jeunesse est le fer de lance, hors toute velléité de récupération des Partis politiques. A l’instar de ce que l’on qualifie de printemps de la Révolution des pays Maghrébins, de l’an 2011, est aujourd’hui, ici et maintenant, une donnée fondamentale irréversible de l’Histoire du Peuple Sénégalais.

 

 

Qualifier de brise d’un moment (dixit Maître Abdoulaye WADE) les successions de manifestations, de mécontentements populaires, de révolte légitime, des émeutes, des morts, conséquences de la mauvaise gouvernance du pouvoir libéral sénégalais, et son cortège de gabegies, outre les augmentations effrénées du coût de la vie par les renchérissements des produits de base de la consommation, cela relève non seulement de cécité politique pathologique, mais aussi de dédain de la population. C’est le défi de A. WADE, à ces hommes et femmes qui crient leur détresse, surtout aux jeunes qui en ont marre du chômage et d’être les oubliés du système libéral.

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A quelques jours des élections présidentielles sénégalaises, la tension s’accroît de jour en jour, et le risque d’un embrasement n’est pas à être écarté. Toutes les composantes des partis de l’opposition, et la mouvance du M23 n’ont qu’un seul objectif : c’est la participation dénoncée comme étant anticonstitutionnelle de Maître A.WADE à ces élections du 26 Février 2012.

 

Ce dernier serait-il dans les pas de GBAGBO, comme le titre un Quotidien sénégalais ? Nous le saurons dans un avenir très proche.


 

M. J-M KOUROUMA

Correspondant pour VOIX AFRICAINE à Dakar

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