Le Griot des Etats Unis d'Afrique
8 Novembre 2012
Le texte
Moi Fardeau Inhérentest un monologue. La voix qui se donne, troue l'espace est celle d’une femme. Elle fut violée. Désormais, la mère attend sous la pluie diluvienne, sous la fenêtre de l’homme qui… La mère attend que la fenêtre s'ouvre, qu'apparaisse l’homme qui a violé sa fille ; elle attend sa vengeance mais...
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
Corps qu'on masque, qu'on force qui s'habille, religieusement, de la tête qui jusqu'aux chevilles
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
Corps qu'on violente, en temps de guerre ou en temps de paix
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
Corps qu'on offre avec l'objet, de pair avec la marchandise, car vicieux l'on sait qu'il attise
Corps qu'on marchande involontaire, des millions de corps qu'on vend, qu'on viole, qu'on violente
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est né,
j'ai l'impression qu'avec tout cela mon corps est
Note de mise en scène
Une parole collective
Bien que le texte soit un monologue, il nous a semblé, dès la première lecture que la parole de cette femme seule sur scène avait une dimension collective. C’est l'exploration de cette dimension là que nous avons choisi.
Sur scène donc trois femmes à la fois seules et liées; trois femmes comme un chœur de suppliantes, un chœur de toutes les femmes, de toutes les mères, objets d'échange, de don et de contre-don, jadis butins de guerre, aujourd'hui chair dans laquelle l'ennemi exprime sa force virile, imprime, inocule l'humiliation qu'il souhaite infliger à l'ennemi ; chœur de battantes proférant leur douleur dans une prise de parole dansée, chantée, parlée, criée ; prise de parole qui fait acte, mettant en jeu le courage et la dignité ; interrogeant la relation homme-femme, les représentations du masculin et du féminin.
L’auteur
Né en avril 1974 en Haïti, Guy Régis Junior est auteur, traducteur (Maeterlinck, Camus, Koltès)
metteur en scène, vidéaste, fondateur et animateur du, ″Nous Théâtre″, célèbre compagnie de
théâtre contemporain haïtien.
Ses textes sont mis en lecture, montés, dans les théâtres, à l'université, dans les rues, sur
les places publiques et tout autre lieu de grande audience. En Europe : au Centre Georges
Pompidou, au Théâtre national de Belgique, au Tarmac de la Villette, au Festival international
de Liège, aux Francophonies de Limoges. Ailleurs : au Venezuela, aux Etats-Unis, etc…
Guy Régis a reçu plusieurs bourses d'écriture et distinctions ; il anime des ateliers d'écriture et
de théâtre partout dans le monde (Liège, RDC, Washington, etc…).
Guy Régis Junior est également réalisateur, avec les films ″Black Out, 3’″ (2001) et ″Pays sauve
qui peut, 12’ ″(2001).
Du 25 mai au 5 juin 2010, il a été à l'affiche au Tarmac de la Villette à Paris où il met en scène
sa pièce ″Moi, fardeau inhérent″.
Metteur en scène
Toussaint Carilien a été formé en tant que comédien au cours cours Simon de 1990 à 1997 par Cyril Jarousseau, David Sztulmann, Rosine Margat et Chantal Brière.
Il a suivi des stages sous la direction de Jean Pierre Vincent, Grégoire Ingold, Jean Christophe Saïs...
Il a étudié les arts du spectacle à l'Université Paris 10 (Jean Jourdheuil, Robert Abirached, Christian Biet...), suivi des formations en anthropologie, sociologie de l'art, sociologie du travail et gestion des ressources humaines à l'université paris 7 et au CNAM (centre national des arts et métiers).
En tant que comédien, il a travaillé sous la direction de Christine Letailleur, Pascale Hanin. Dernièrement, au château du Maréchal de Saxe, dans le cadre du festival d'Ile de
France, il a participé à la mise en lecture de ″L'Odeur du Café″, du romancier Dany Laferrière, en
la compagnie de la conteuse et chanteuse Mimi Barthélémy et du claveciniste Ilton Wjuniski.
En 2012, il a joué ″Mayombé-Bombé″ dans le cadre des ″Les Beaux Dimanches″ organisé par le théâtre, Le Ring à Toulouse.
En 2011, il a publié, chez l'Editeur en Ligne, ″Ce soir Hector danse un Tango avec Achille″ et
″Mayombé-Bombé″ pièces qu'il a mit en scène ou lu dans les théâtres suivants : Chat Noir (Paris), Théâtre de Verre (Paris), Le Vent se Lève (Paris) puis au centre culturel : La Clef (Paris) ainsi qu’au théâtre du Ring (Toulouse).
Comédiennes
Nadège Bécharaest née en août 1985.
Elle commence le théâtre dès l'âge de 16 ans au conservatoire de Strasbourg. Et poursuit sa formation de comédienne à l'école nationale de Bobigny. Elle participe à des ateliers sous la direction du metteur en scène Jean-Michel Rabeux, Laurent Gutmann au CDN (Centre Dramatique National) de Montreuil et de la comédienne, Sandy Ouvrier, professeur au CNSAD (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique) de Paris.
Elle a un master en Arts du Spectacle option Etudes Théâtrales obtenu à la Sorbonne Nouvelle.
A Rennes, elle a joué le rôle d'Electre dans la pièce éponyme d'Hugo Von Hofmannsthal sous la direction de Benjamin Guyot.
En 2010, elle a joué dans ″La Vierge au Rendez-vous″, moyen-métrage du cinéaste Libanais, Christophe Karabache et en 2011 dans ″Norma Jeane Instantanés″court-métrage relatant la vie de Marylin Monroe réalisé par le comédien, Thierry Penin.
KarinaBenziada est une interprète plurielle.
Comédienne de formation elle poursuit sa formation au théâtre 2 l’acte en 2011. Auteure sur le projet collectif Ainsi Va le Bal (www. ainsivalebal.org) prix défi jeunes, paris jeunes talents et bourse de l’engagement 2007- elle développe une écriture pluridisciplinaire engageant la présence de spectateurs et jouant sur le brouillage des frontières entre fiction et réalité (″Mes petits papiers : pièces justificatives de mon identité″, performance réalisée à la cave poésie puis à La Fabrique, université Toulouse Mirail).
Elle collabore avec des artistes des arts plastiques, de la danse contemporaine et buto, et des vidéastes et le collectif des clowns activistes. Après la découverte-révélation du travail du danseur Ousséni Sako, de la compagnie Salia Ny Seydou (Burkina France) et du danseur Qudus Onikeku (Nigéria), elle s’intéresse particulièrement à la vivacité et pertinence des scènes et prises de parole d’Afrique et d’outre mer.
Engagée dans plusieurs pratiques et notamment l’écriture instantanée, elle considère la pratique artistique comme un vecteur d’expression et de rencontres faisant partie prenante d’un engagement dans la cité et d’un réveil des richesses qui sommeillent en chacun de nous. C’est réinventer le réel, agir contre le repli sur soi et l’indifférence, redevenir acteur…
Marie Wadoux, née le 25 Janvier 1989 à Dieppe.
Suite au lycée option théâtre où elle expérimente ses premières scènes, elle intègre l'Ecole de Théâtre ACTEA à Caen (2007-2010) dans
laquelle elle joue dans une dizaine de spectacles, parmi lesquels: ″Forêts″ de Wajdi Mouawad, mis en scène par Olivier Lopez, spectacle de 4h, joué 15 fois, ″Henry VI″ de Shakespeare mis en scène par
Thomas Jolly, spectacle de 4h, joué 4 fois.
Parallèlement à sa formation, elle mène des ateliers théâtre pour jeunes de 10 à 18 ans (2008-2009) et met en scène deux spectacles: ″La Cantatrice Chauve″ d'Eugène Ionesco
et ″La Sorcière du placard aux balais″ de Pierre Gripari.
Son premier court-métrage d'école "Making Off" (2009) de Philippe Faucon lui donne le goût du cinéma. Elle va à Paris et intègre l'école Acting International (2010-2011) et y apprend les
techniques de jeu face à la caméra (avec Franck Llopis, Hervé Laudière, Alexandre Louschik)
Elle a joué dans 8 court-métrages, un documentaire pour Arte, ″Court-circuit″de Lyonel Kouro).