Le Griot des Etats Unis d'Afrique
9 Février 2015
Cercles de Sikasso et Kadiolo : l'emprise de la...
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Sous prétexte de séances d’exorcisme, elle torturait les vielles personnes et violait tous les tabous des villages, mettant ainsi le tissu social à rude épreuve La secte évangélique qui semait la terreur dans certaines localités des cercles de Sikasso et Kadiolo et dont nous avons fait cas des ag...
Sous prétexte de séances d’exorcisme, elle torturait les vielles personnes et violait tous les tabous des villages, mettant ainsi le tissu social à rude épreuve La secte évangélique qui semait la terreur dans certaines localités des cercles de Sikasso et Kadiolo et dont nous avons fait cas des agissement dans de précédentes éditions n’a pas fini de faire parler d’elle. Depuis six mois, les pasteurs qui l’animent, instruisent des procès en sorcellerie semant le trouble entre les populations. Du coup, le tissu social dans cette zone frontalière avec le Burkina Faso s’en trouve menacé. Rappelons que la secte a des méthodes bien particulières pour « exorciser » ses victimes. Les vielles personnes sont publiquement maltraitées et humiliées sous prétexte d’être des sorcières ou de détenir des fétiches dans leurs maisons. Les fétiches censés protéger les villages sont détruits sous les yeux impuissants de leurs gardiens. Le gourou de cette secte est un pasteur ressortissant du Burkina Faso. Il se nomme Dopiri Ouattara. Ses disciples et lui furent aperçus pour la première fois au début du dernier trimestre de 2014 dans le village de Hèrèmakono dans le cercle de Sikasso à la frontière avec le Burkina Faso, explique le commandant de légion de la gendarmerie de la 3e Région, le lieutenant-colonel Adama Berthé. Ils commencèrent par organiser des prêches suivi de séances d’exorcisme pour, prétendaient-ils, conjurer les mauvais sorts, combattre les sorciers, détruire les fétiches, guérir les malades. Selon plusieurs témoignages, le pasteur et ses adeptes détruisaient les fétiches, bastonnaient leurs propriétaires, humiliaient les vieux et les vielles devant leurs enfants et petits-enfants. Ces séances d’exactions provoquaient de gros rassemblements de personnes avec des débordements. Dès le début, les services de sécurité virent d’un mauvais œil les séances de prière qui n’étaient pas officiées dans une église, mais sur la place publique. En plus, le pasteur et ses adeptes détruisaient les fétiches, patrimoines des villages, portant ainsi préjudice au culte d’autrui dans un pays laïc. Malgré les mises en garde des autorités locales, le pasteur Dopiri Ouattara parvint à former beaucoup d’adeptes dans les cercles de Sikasso et Kadiolo pour assurer la relève, avant de regagner son pays où il sera arrêté peu de temps après et emprisonné Orodara, dans la province du Kénédougou. Mais ses adeptes, eux, ont poursuivi son œuvre. Les services de sécurité durent ainsi arrêter et déférer devant la justice un premier groupe de membres de la secte...