Le Griot des Etats Unis d'Afrique
9 Février 2015
Les fermes agro-écologiques d'ActSol en Casaman...
www.scoop.it
Pour redonner ses lettres de noblesse à l'agriculture et lutter contre l'exode rural, Oumar Ba a créé il y a trois ans des fermes agro-écologiques. (...)
Pour redonner ses lettres de noblesse à l’agriculture et lutter contre l’exode rural, Oumar Ba a créé il y a trois ans des fermes agro-écologiques. Ces nouveaux modèles agricoles attirent de plus en plus de jeunes.Daouda Sané est un jeune père de famille heureux. Fraîchement diplômé de la ferme agro-écologique de Tobor, initiée par ActSol - Action solidaire pour le développement -, est une association soutenue par le CCFD-Terre Solidaire. Daouda va pouvoir apporter quelque chose de nouveau à l’exploitation familiale. « J’ai toujours cultivé avec mon père, raconte-t-il. Sur nos trois hectares, nous faisons le niebe (sorte de haricot), l’arachide, le mil, le maïs, autant de cultures d’hivernage traditionnelles. Sans compter la rizière. Je vais me lancer dans le maraîchage, comme je l’ai appris à la ferme. Nous utilisions, jusqu’à présent, les pesticides. Depuis ma formation, j’ai laissé tomber tout produit chimique. Je protège désormais nos cultures avec des feuilles de neem ou de caïlcedrat qu’on trouve partout. Leur amertume repousse naturellement les insectes. C’est formidable de pouvoir cultiver de manière saine tout en ayant une meilleure rentabilité. Je le sais, car je l’ai expérimenté sur ma parcelle à la ferme. » Cultiver de manière saine et durable tout en développant le potentiel économique, voici les principaux enjeux de la formation d’une année proposée par les 4 fermes-écoles agro-écologiques d’ActSol, dirigées par Oumar Ba, dont deux se trouvent en Casamance. A l’origine, une prise de conscience et une réflexion sur la sécurité alimentaire. Oumar est choqué par les émeutes de la faim de 2007-2008. « Il n’était pas normal, pour un pays qui avait été exportateur, de vivre de tels moments. Gosse, j’ai connu la sécurité alimentaire et le plaisir qu’on en tirait. » En 40 ans, cet homme toujours en action a vu les choses se détériorer. La grande sécheresse de 1973, les plans d’ajustements structurels des années 1980, le désengagement de l’Etat, les pratiques agricoles avec usage intensifs de produits chimiques qui ont intoxiqué et épuisé les sols, ont eu pour résultat de sur-endetter les paysans et de leur faire oublier les gestes traditionnels qui se rapprochaient, de façon empirique, de l’agro-écologie.