Le Griot des Etats Unis d'Afrique
28 Mars 2015
«Les archives répondront un jour à votre question.»
C’est par ces mots que Jacques Foccart, «Monsieur Afrique» du général de Gaulle, élude l’interrogation suivante et fort embarrassante : qui a tué Moumié, leader de l’Union des peuples du Cameroun (l’organisation indépendantiste contre laquelle la France a mené une guerre coloniale) ?
Aujourd’hui, il est su que Moumié a été éliminé par William Bechtel, agent des services secrets français. Alors, que nous diront de plus les archives Foccart ? Combien de secrets et autres «scoops» recèlent-elles encore ?C’est bien là que les voies de l’historien s’écartent de celles de l’urgence médiatique, métronome omniprésent de la prise de parole publique. Les archives sont des traces du passé dont les archivistes ont pour mission de garantir scientifiquement la conservation. Ces traces sont nécessairement incomplètes, s’avèrent parfois des fossiles, mais constituent toujours un patrimoine historique.
Les archives, comme l’archéologie, nécessitent du temps, de la patience et une méthode. Indiana Jones n’existe qu’à l’écran. Mais l’arche (ou l’archive) perdue fait rêver. C’est ainsi que les Archives nationales, au terme d’une longue (en)quête, ont retrouvé l’an dernier des liasses de documents sensibles que Foccart avait pris soin de cacher en mai 1968. Il redoutait alors qu’un mouvement insurrectionnel ne parvienne à s’emparer de ses secrets.Mais derrière cette découverte quasi archéologique (les dossiers sont restés scellés dans leur conditionnement d’origine un demi-siècle), les Archives nationales mènent depuis le début des années 2000 un chantier de classement du «fonds Foccart».
Ce «fonds» correspond aux archives du secrétariat général des affaires africaines et malgaches : à ses origines, la cellule Afrique de l’Elysée n’est ni plus ni moins qu’un second secrétariat général de la présidence de la République, imposant institutionnellement l’Afrique au cœur du domaine réservé présidentiel. Ce service a cristallisé tous les fantasmes autour de son responsable : le sulfureux Jacques Foccart.
Surnommé «le Chanoine» ou «la Bacille», ce fidèle gaulliste, ancien des services secrets issus de la Résistance, est l’ombre portée (et très discrète) du Général qui lui confie, sous la Ve République, l’Afrique, l’outre-mer, le renseignement et les affaires politiques intérieures. Il fait figure, pour ses adversaires, de tonton flingueur, sorte de «barbouze» en chef de la République gaulliste.
Foccart et la Françafrique : les archives parle...
scoop.it
«Les archives répondront un jour à votre question.» C’est par ces mots que Jacques Foccart, «Monsieur Afrique» du général de Gaulle, élude l’interrogation...