Le Griot des Etats Unis d'Afrique
30 Septembre 2013
Aminata Traoré
de l’excision à l’insurrection
A l'occasion de la sortie de son roman "Le couteau brulant",
TV5-Monde a retracé le parcours de l'écrivain de Bouaké à Abidjan
"Son livre fait à peine 70 pages, mais il est en passe de
devenir un best-seller en Côte d’Ivoire. Sous le nom de plume
d’Hamitraoré, Aminata Traoré, 34 ans, raconte dans
« Le Couteau brûlant » (Frat-Mat Editions) son drame, son
excision : « Dans toute l’Afrique, des filles subissent ce
calvaire. Mais si des Etats comme le Burkina mènent des
campagnes pour éradiquer cette tradition barbare, ici,
une chape de plomb nous interdit d’en parler. » Hamitraoré
a décidé de briser la loi du silence : « Je suis la première
victime à témoigner. Beaucoup de femmes ont pris position
contre l’excision mais elles en parlaient sans l’avoir subie.
Quand j’ai adhéré à une association qui militait pour
l’éradication de cette pratique, j’ai découvert à ma grande
surprise que j’étais la seule à l’avoir vécue dans ma chair. »
Dans la province du Nord où elle grandit, la petite Aminata
a une passion pour les livres. Son père, fonctionnaire,
est un intellectuel opposé à l’excision. Un week-end, l’enfant
est envoyée chez sa grand-mère. Elle a 8 ans, elle en revient
excisée comme onze autres gamines. « Mon père n’a pas
adressé la parole à ma mère pendant un an. Aujourd’hui, la
loi condamne l’excision mais les coupables n’écopent que de
six mois avec sursis parce qu’elles sont âgées ! » Elle raconte
avec des mots crus le couteau, les infections, les kystes,
les douleurs pendant l’acte sexuel, la honte, les moqueries.
« On dit qu’une femme excisée est comme une bouteille de
champagne qui ne pétille plus. » 45 % des Ivoiriennes sont
encore excisées. « Je veux me battre à visage découvert. Avec
ma plaie béante pour que chacun la reçoive en pleine face. »
African Queens
Bravo Aminata ! et Félicitations!
Je suis fière d'être ton amie! Nous sommes avec toi!
Aaisha SYLLA,
Correspondante et Rédactrice de VOIX AFRICAINE